Né à Tunis le 1er avril 1955, le petit GASTOUNET n'est pas très intéressé
par ses leçons de piano, écoute Georges BRASSENS en famille, touche à 12 ans sa
première guitare, refuse d'apprendre le cornet que lui propose son professeur
de solfège, et se passionne finalement pour la guitare classique jusqu'à ses années
d'étudiant. Il découvre Django REINHARDT en plein dans les années pop, mais la
chance extraordinaire de rejoindre un orchestre de Jazz lui sera offerte par Philippe
ARLET à qui il doit tout, ainsi qu'une amitié indéfectible.
Il rentre ainsi en 1984 dans le tout jeune "TOUBIB JAZZ BAND" comme remplaçant
du guitariste dit Pierrot l'Africain, qui revient de temps en temps, permettant
d'exaltants trios de Jazz Manouche avec François LOZE le bassiste en titre. La
révélation du Jazz lui viendra en fait à l'écoute de Charlie CHRISTIAN qui est
son premier modèle et il passe ses premières années de jazzman à apprendre par
coeur des chorus inoubliables comme ceux de Swing to Bop ou Star Dust. Parallèlement
le jeune interne en Cardiologie découvre les instruments à vent dans la fanfare
de l'Internat et commence à taquiner les pistons sur les airs de "Branle Charlotte"
et de "La Pitchouli". Aprés quelques années de Swing, le TJB évoluant vers le
New Orléans, son chef d'orchestre lui attribue d'office le soubassophone à l'occasion
d'une mémorable visite chez un marchand d'instruments toulousain dont l'apprenti,
parait-il, aurait pu injustement garder un cuisant souvenir du fait de la médiocre
qualité de l'instrument fourni. C'est donc au souba que le fraîchement tubiste
découvre le vieux style, les concours de jazz New Orleans, et enregistre le CD
"ST JAMES INFIRMARY". Son goût pour le style le pousse à étudier la trompette
et son obstination lui permet de rentrer dans le big band de Michel ITIER, avec
qui il enregistrera le premier CD d' "ELASTIC BAND", puis de créer le quintet
"SWING TO BOP" lui donnant ses premiers émois de leader. Par la suite, il crée
avec quelques amateurs dont le tromboniste Jean CHERON l'orchestre "LOUISIANA
FIVE", découvre dans le répertoire des Hot Five le génie de Louis Armstrong, qui
devient son idole définitive, le décide à chanter, et se risque avec eux à enregistrer
le CD "WAY DOWN YONDER IN NEW ORLEANS". Devenu entre temps danseur de Lindy Hop
et de Balboa, notre trompettiste chanteur vient compléter les "JAZZ DEVILS" pour
former le "JIVE SEXTET" dont le répertoire Swing assure depuis quelques années
nombre de soirées des clubs de danse toulousains. Depuis peu, l'exil parisien
du tromboniste en titre des "TOUBIBS", Jean-Benoît ARLET, lui permet de rejoindre
la ligne tant convoitée des solistes, en soufflant dans le "valve trombone" comme
on dit, et en confiant le souba à l'incomparable Baby AUFAURE. On verra enfin
notre ancien guitariste craquer pour le banjo tenor, retrouver la rythmique au
hasard des remplacements et surtout accompagner le jeune virtuose Jérôme ARLET
dans un Two Banjo Band dont le fameux "Moulin à café" a déjà moulu plus d'un auditeur.